Beaucoup de choses ont été dites sur la version 2023 de La Petite Sirène par Disney sorti le 24 mai. Considéré trop lisse et trop convenu, raté, ou encore mettant mal à l’aise, il est apparu à certains critiques comme une tentative de Disney de répondre à des accusations de racisme et à son supposé manque d’ouverture à la diversité.
Cette dernière version vaut-elle la peine de passer deux heures et vingt-cinq minutes enfermé dans le noir entourés de gens qui chantent par dessus les voix des acteurs et qui font frémir leur paquet de chips avant de les croquer sans complexe au creux de vos oreilles ? Ce n’est pas à moi de vous le dire.

Le film en question

  • La musique

Comme le dessin animé, La Petite Sirène 2023 est une comédie musicale. On y découvre trois nouveaux titres dont certains sont signés par Lin Manuel Miranda, connu aux États-Unis pour son succès avec la comédie musicale Hamilton et qui travaille avec Disney depuis plus de dix ans. Le musicien a composé plusieurs morceaux pour le film, notamment un rap performé par les personnages Sebastian (Daveed Diggs) et Eureka (Awkwafina). Côté chanson, on retrouve bien sûr le fameux Under the Sea (Sous l’Océan), Part of your World (Partir là-bas) mais aussi quelques réécritures, notamment celle de The Kiss (Embrasse là), adaptée pour faire place à la question du consentement. On retrouve également le nom de Lin Manuel Miranda au générique de fin en tant que producteur.

  • L’histoire


L’intrigue diffère peu de celle du dessin animée, on découvre cependant une Ariel très aventureuse et sans peur qui ne manquera pas d’impressionner le prince Eric dépeint lui aussi comme un personnage qui n’a pas froid aux yeux. Rob Marshall, le réalisateur semble avoir fait le choix de nous suggérer la beauté d’Ariel. C’est à dire qu’aucun personnage ne l’évoque jamais, on la comprend dans le regard qu’ils portent sur elle, comme si Disney avait choisi de ne pas faire du physique d’Ariel une part importante du personnage. Elle est courageuse, intelligente et obstinée avant tout. Plusieurs scènes ont par ailleurs été modifiées pour mettre en avant le personnage d’Ariel et le rendre moins passif que dans la version de 1989.
Moderne, c’est le maître mot de ce film dont l’histoire se déroule cependant au 19 e siècle dans une île des caraïbes où toutes les ethnies se côtoient dans l’harmonie. Fait étrange, les scénaristes ont choisi de présenter le désir d’exploration du prince Eric, fils adoptif d’une reine noire, comme une envie de découvrir d’autres cultures, tout en le plaçant au coeur d’une époque qu’on sait être celle du commerce triangulaire.D’un point de vue esthétique, les fonds de l’Océan et l’apparence de Polochon rappellent le Monde de Nemo. On imagine cependant qu’une recherche de réalisme Chez Disney a influencé le choix de rendre toutes les scènes qui se déroulent sous l’eau très sombres.
Pour finir, on connaît bien le goût de la multinationale pour ses fins heureuses et ses univers aseptisés. Il n’est donc pas étonnant de voir l’histoire d’amour impossible d’Andersen transformée en une comédie romantique où finissent par se réunir deux êtres que le destin étaient censé garder chacun de leur côté de l’Océan. »
L’intrigue diffère peu de celle du dessin animée, on découvre cependant une Ariel très aventureuse et sans peur qui ne manquera pas d’impressionner le prince Eric dépeint lui aussi comme un personnage qui n’a pas froid aux yeux. Rob Marshall, le réalisateur semble avoir fait le choix de nous suggérer la beauté d’Ariel. C’est à dire qu’aucun personnage ne l’évoque jamais, on la comprend dans le regard qu’ils portent sur elle, comme si Disney avait choisi de ne pas faire du physique d’Ariel une part importante du personnage. Elle est courageuse, intelligente et obstinée avant tout. Plusieurs scènes ont par ailleurs été modifiées pour mettre en avant le personnage d’Ariel et le rendre moins passif que dans la version de 1989.
Moderne, c’est le maître mot de ce film dont l’histoire se déroule toutefois au 19 e siècle dans une île des caraïbes où toutes les ethnies se côtoient dans l’harmonie. Fait étrange, les scénaristes ont choisi de présenter le désir d’exploration du prince Eric, fils adoptif d’une reine noire, comme une envie de découvrir d’autres cultures, tout en le plaçant au cœur d’une époque qu’on sait être celle du commerce triangulaire.
D’un point de vue esthétique, les fonds de l’Océan et l’apparence de Polochon rappellent Le Monde de Nemo.




On imagine cependant qu’une recherche de réalisme Chez Disney a influencé le choix de rendre toutes les scènes qui se déroulent sous l’eau très sombres.
Pour finir, on connaît bien le goût de la multinationale pour ses fins heureuses et ses univers aseptisés. Il n’est donc pas étonnant de voir l’histoire d’amour impossible d’Andersen transformée en une comédie romantique où finissent par se réunir deux êtres que le destin étaient censé garder chacun de leur côté de l’Océan.

Le contexte

La Petite Sirène était très attendue, parce que le dessin animé sorti en 1989 fait partie des classiques de Disney. C’est un succès commercial qui a ravi de nombreux enfants et adultes pour ses chansons, notamment le titre Sous l’océan, chanté par le crabe gardien d’Ariel, Sebastian.
C’est aussi grâce ou à cause de la surprise provoquée par le premier trailer du film où on découvre l’apparence d’Ariel. Dans sa version de 1989, la petite sirène à la peau blanche, les cheveux roux et des écailles vertes. Elle a désormais la peau brune et les cheveux locsé. Il est vrai que l’œuvre originale de Christian Andersen publiée en 1836, l’auteur décrit son personnage comme ayant la peau blanche. Presque deux-cent ans plus tard, l’histoire d’Andersen a fait l’objet de plus d’une dizaine d’adaptation plus confidentielles et a fait l’objet de plusieurs modifications, mais le changement de carnation du personnage a suscité une polémique révélant le racisme d’une part de certains amateurs du personnage fictif.
Cependant le trailer a aussi suscité l’excitation parmi la communauté noire américaine qui n’a pas l’habitude de se voir représenté dans des films destinés à un large public. Après la sortie de la bande annonce aux États-Unis, de nombreuses vidéos de petites filles découvrant avec joie la couleur de peau d’un de leur personnage préféré de Disney ont été allègrement partagées sur les réseaux.

Pour le réalisateur Rob Marshall, le choix d’Halle Bailey est apparu comme une évidence (en anglais). Le réalisateur raconte avoir été ému aux larmes pendant l’audition de l’actrice après son interprétation de Part of your World.

Les réactions positives comme négatives à cette bande annonce ont mis en évidence la complexité des questions de diversité aux États-Unis où il existe des films destinés à un public Afro-Américains et des films grand-public où les personnages non-blancs sont habituellement relégués au second plan et n’existent que dans le but de faire progresser l’intrigue d’un personnage principal blanc. Pour certains afro-américains, découvrir un personnage qui leur ressemble dans cette production qui aurait couté 150 millions de dollars à Disney est apparu comme un pas vers la modernité pour la multinationale qui tente depuis plusieurs années de moderniser ses personnages afin de les rendre plus attrayant à public qui a compris que tout divertissement est aussi un reflet de la société dans lequel il vit.
En France, où la question de la représentation des personnes non blanches au cinéma et dans les médias est également discuté et fait débat de manière plus timide, cette nouvelle petite sirène a aussi beaucoup fait parler.
On remarque par ailleurs que si comme aux États-Unis le mouvement Black live Matters a poussé l’industrie du cinéma mais plus globalement de toutes les entreprises qui avaient quelque chose à vendre à mettre en avant des personnes dîtes issues de la diversité, changer la couleur d’un personnage fictif pour en donner une lecture qui colle davantage à l’époque semble ne pas aller de soit. Le fait que cette bande annonce suscite tant de commentaires fondés sur la couleur du peau du personnage montre que le racisme n’appartient pas au passé.
Ce n’est pas la première fois qu’une polémique de ce genre soit au cœur de l’actualité d’un film. En 2014, un des trailer de Star Wars 7 où l’on découvrait John Boyega sous le casque d’un trooper avait également provoqué le même type de réactions. A la différence près que les troopers avait jusqu’ici toujours été représentés avec un casque et qu’il était impossible de savoir de quelle couleur ils étaient.

Technique

Cette nouvelle version n’est pas un dessin animée mais du Live Action. On utilise ce mot lorsqu’il s’agit de transposer un film d’animation, habituellement du dessin, un photogramme altéré ou une image de synthèse créé à partir d’un ordinateur, en film fait avec des prises de vues réelles. C’est à dire que les acteurs sont filmés dans la pure tradition cinématographique en 25 images par secondes.
Dans La Petite Sirène, cette technique s’accompagne aussi de CGI. Cela signifie computer generated imagery. Ce sont des effets créés à partir d’images de synthèse ou de programme d’animation. Les personnages qui ne sont pas des humains, des sirènes ou Ursula prennent vie à l’écran grâce à cette technique.

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