
C’est une série Netflix original lancée en 2020 qui raconte les aventures de 5 jeunes qui partent à la recherche d’un trésor par amitié mais aussi un peu pour améliorer leur conditions de vie.
Outer Banks se déroule sur une île que se partagent les Kooks et les Pogues, respectivement les très riches et les pauvres.
En regardant le trailer que me propose Netflix parce que j’ai regardé quasi toutes les séries qui racontent les vies compliquées de jeunes privilégiés, je me dis non sans façon j’ai déjà regardé Elite, Baby, 13 reasons why, À tous les garçons que j’ai aimé, Mes premières fois... Oui, on sait bien que dans les séries le mot problème est souvent utilisé avec beaucoup de légèreté mais évitons les digressions.
Sauf que Outer banks propose un peu plus que de suivre des jeunes qui galèrent à faire démarrer leur vie sentimentale. Regarder cette série m’a permis de faire le lien entre deux émotions que les scénaristes de Netflix semblent tenter de réunir dans ce genre de séries; un sens de l’aventure marqué par une part de danger et de fun qui rappellent l’enfance et des choses comme les aventures de Scoubidou et d’un autre côté, la complexité des rapports humains que chacun retrouvent dès sa vie de jeune adulte. Et comme c’est une série, évidemment le drama atteint des niveaux cornéliens et qui nous tient en haleine, d’épisode en épisode. Le principe des séries quoi… Outer Banks est un contenu qui se bingewatch, autrement dit qui se regarde d’une traite, malgré les yeux qui piquent et les impératifs du lendemain qui se rapprochent un peu plus à chaque fin d’épisode.
C’est vraiment une série que j’ai aimé regarder activement parce qu’il faut dire qu’il y a tellement de contenus à regarder qu’il est parfois facile de lancer un truc pour créer un bruit de fond lorsque l’on fait autre chose. Au-delà de l’intrigue, j’ai apprécié y retrouver cette tendance qu’on voit de plus en plus mais qui est particulièrement présente dans les créations originales de Netflix: l’apparence physique des uns et des autres, leurs supposées provenances géographiques ne sont pas des prétextes sur lesquelles l’intrigue peut se reposer mais plutôt un élément supplémentaire dans ce qui constitue les personnalités de nos personnages. Ce sont aussi des contenus où on est habitué à voir des garçons qui pleurent parce qu’ils sont submergés par leurs émotions mais où la masculinité toxique est aussi visible. La preuve, Kooks et Pogues n’arrêtent pas de se battre à mains nues dès que l’occasion se présente, et pour des raisons aussi ridicules que le territoire ou l’intérêt pour une fille.
Bien sûr, Outer Banks reste une fiction. Elle est toutefois bien ancrée dans la réalité, contrairement à une série comme Riverdale qui essaie plutôt de nous sortir de nos réalités. En bref, Outer Banks est un bon divertissement qui m’a fait réfléchir sur des tas de choses et surtout les familles abusives. Si je devais résumer cette série avec un titre qui se rapproche davantage à ce que nous montre la série, je la renommerais Child Abused.
Non seulement les héros, 5 adolescents de 16 ans se retrouvent constamment dans des situations très dangereuses, avec une surveillance relativement faible de leurs parents mais certains d’entre eux subissent la violence physique et/ou psychologique, la négligence et/ou l’abandon de leurs parents.
Je n’irai pas jusqu’à dire âme sensible s’abstenir mais des combats entre Pogues et Kooks où un des jeunes frôle la mort, plusieurs fois, aux parents violents, Outer Banks ne fait pas dans la dentelle. Le sang gicle, les coups pleuvent, il y a même des armes à feu et évidemment les impacts qui vont avec. Etonnant que les scénaristes n’aient pas décidé de supprimer un personnage en lui attribuant un trauma crânien. On aurait aimé que ça tombe sur Rafe Cameron mais ça serait plutôt tomber sur Wheezie, à un moment où elle aurait commencé à devenir particulièrement intéressante, cool et utile aux yeux des spectateurs.
Et quelque part on apprécie que cette série ne tombe pas dans l’effet Game of Thrones en supprimant à tout va, des personnages attachants. Mais si jamais… pourquoi pas Rafe, on pose ça là, en espérant être lue…
En regardant Outer Banks, je n’ai pas pu m’empêcher de voir les aventures de notre club des 5 moderne comme un récit initiatique mais surtout comme une volonté de montrer une lueur d’espoir dans des quotidiens qui en manquent cruellement, du côté des riches comme des moins aisés; et pour lesquels l’amitié et la loyauté sont les seules solutions. Car sans vouloir vous spolier, même les parents les plus aimants finissent par y trahir leur progéniture.
Quelques exemples…
On a du côté des Kooks: Ward Cameron, le père de Sara, Wheezie et de Rafe Cameron. Si les premiers épisodes nous laissent croire que les Cameron sont une famille parfaite et sans problème, on découvre au fil des épisodes que Ward a des accès de colère et peut facilement glisser vers l’abus verbal, émotionnel et physique avec ses propres enfants. Avec la dernière Wheezie, il est apparaît complètement négligent puisque la préado se retrouve constamment livrée à elle-même.
Sara, l’enfant du milieu, apparait tout d’abord comme la protégée de Ward et semble peu affectée par les accès de violence de son père et sa tendance à la manipuler. Rafe, l’aîné, présente tous les signes de la maltraitance émotionnelle qui se caractérise par le fait d’entraver et d’avoir une influence négative sur le développement émotionnel, mental et social d’un enfant. Consommateur de Cocaïne et violent dès qu’il en a l’occasion, Rafe adopte une attitude dangereuse en s’achetant une moto avec l’argent que son père lui donne pour acheter des groupes électrogènes au nom de l’entreprise familiale. C’est le « mouton noir » de la famille, le « bon à rien » par qui rien de positif ne peut jamais arriver. On découvre en le suivant et au fil des épisodes que ce n’est pas vraiment sa faute. On le retrouve régulièrement en lutte avec ses propres démons, que ce soit l’addiction, la violence mais aussi une grande anxiété qui le pousse régulièrement à prendre des mauvaises décisions et enrichissent l’intrigue déjà très mouvementée de Outer Banks et qui sont tout simplement les réactions observées chez les enfants qui subissent ce type de maltraitance.
Ensuite, il y a Topper, qui au-delà d’avoir un nom ridicule est l’achétype de l’enfant négligé: Parents absents et qui ne s’adressent à lui que pour lui parler de ses performances ou le réprimander, Topper se montre excessif dans tous ses comportements. A deux doigts de tuer John B à main nues pou s’être adressé à sa petite amie Sara. Il apparaît comme un personnage très violent puis se montre en manque d’attention et oppressant lorsqu’elle le quitte. Topper est à la fois le stéréotype du mâle alpha à qui tout réussit et de l’enfant seul, qui gère sa vie « seultout » et ne voit ses parents qu’en cas de problème. Un pauvre riche en somme.
Pour finir, du côté des pauvres, on a JJ. Issu d’une famille de détenus, élevé par son père seul dans la masculinité la plus toxique qui soit. JJ ne renonce jamais à tendre la main à son géniteur, pourtant capable de le rouer de coup et de l’humilier quand il a bu. Comme chez Rafe, cela provoque chez notre stéréotype de white trash un comportement excessif. JJ tente de tout régler par la violence, semble en avance sur ses amis concernant sa vie intime et est capable de boire plus que de raison pour noyer son chagrin. Seul son groupe d’amis est capable de le ramener à la raison et réussit à l’éloigner de ses instincts les plus destructeurs. Un support système sans faille et toujours présent qui manque à un personnage tel que Rafe dont le seul amis et son fournisseur de cocaïne qu’il traite tantôt comme un domestique, tantôt comme un confident et qui bien sûr finira par le lui faire payer.
En bref, Outer Banks est une série avec des personnages riches et bien développés qui apporte une densité nouvelle aux séries qui racontent la vie d’ado, enfin selon moi.

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