
Un mot pour décrire Swarm. « L’obession » ? Sortie début 2023 sur Amazon Prime, la série raconte les tribulations et les joies d’une jeune femme qui ne vit que pour sa chanteuse préférée. Comédie dramatique co-créé par Donald Glover et Janine Jabers nous immerge dans la tête d’une fan obsessionnelle qui place l’artiste qu’elle adule au-dessus de tout. C’est une plongée dans l’univers de la standom, une culture, généralement communautaire où les fans d’un artiste sont prêt à harceler en ligne ou dans la vie réelle toute personne qu’ils accusent de nuire à leur idole. La moindre critique pouvant conduire à une pluie d’insulte et de menaces sur les réseaux sociaux, voire le dévoilement de l’identité et de l’adresse de ceux qui sont ciblés.
Swarm nous invite à suivre Dre (Andrea), une vingtenaire solitaire et asociale qui préfère acheter des places de concert pour son artiste préférée plutôt que de payer son loyer. Ni’Jah, la chanteuse qu’elle adule est inspirée de Beyoncé dont la communauté de fan, la B-hive est connue pour être particulièrement agressive sur les réseaux sociaux. Le nom B – Hive est inspiré du fait que Beyoncé est appelle par ses fans Queen-B, la reine des abeilles. Et les co-créateurs assument pleinement le lien avec la chanteuse, mais aussi leur volonté de porter un regard critique sur la standom en nommant la série « Swarm », qui signifie « essaim » en Français. Chaque épisode est précédé d’un avertissement expliquant que toute ressemblance avec des personnes réelles est recherchée et que les événements racontés sont inspirés de faits de réel. Et en effet, les actes commis par Dre au cours des épisodes sont tirés de faits divers ayant tous en commun d’avoir un protagoniste motivé par le fait de défendre l’artiste qu’il admire.
Au fil des épisodes, on comprend ce que représente la musique de Ni’Jah pour Dre et la façon dont elle est intriqué dans ses problèmes de santé mentale.
En nous faisant le récit des situations extrêmes dans lesquelles se retrouvent Dre pour défendre sa star préférée ou la voir en concert, la série relate la réalité qui se cache derrière la loyauté sans borne que peuvent avoir certains fans. C’est une descente aux enfers ponctuée de moments d’humour. En regardant Swarm, on rit, on est choquée, on pleure aussi. L’ascenseur émotionnel ne s’arrête jamais. On est aussi ramené à la réalité, lorsque des thèmes actuel et plus concernants que l’obsession fanatique s’invitent dans les pérégrinations de Dre. On y croise diverses figurent de femmes noires américaines qui rompent avec les stéréotypes véhiculés par des programmes plus grand-public. On nous y explique les techniques d’enrôlement d’une secte et c’est plus largement le portrait d’une époque et d’un lieu où l’individualisme est la valeur la plus courante.
Personnellement, je pense qu’on peut regarder Swarm si on aime les esthétiques froides et léchées, Dominique Fishback et la musique. Et je ne vois pas de raison de ne pas regarder cette séries.
Une saison, sept épisodes d’une trentaine de minutes.

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