
Un mot pour décrire la série « Them » : « Terreur ».
La première saison nous plonge dans les États-Unis des années 50, pendant la période de la grande migration, un mouvement massif des populations afro-américaines des États du Sud ségrégationnistes vers ceux du nord et de l’Ouest pour profiter des nouvelles opportunités qui s’y présentaient, la série nous immerge dans le quotidien des Emery, une famille afro-américaine qui s’installe à Los Angeles dans un quartier exclusivement blanc. Ils rêvent tous les deux d’offrir une vie stable et heureuse à leurs deux filles. Et le nouvel emploi d’Alfred en tant qu’ingénieur leur permet d’accéder à un niveau de vie, auxquelles peu de personnes noires peuvent prétendre à cette époque.
À peine installés, ils deviennent la cible du harcèlement et d’actes d’intimidation de leurs voisins blancs qui souhaitent les voir quitter le quartier le plus rapidement possible. Les protagonistes tentent de résister à la terreur que leur impose le voisinage, mais chacun des membres de la est famille également soumise à l’influence d’une force surnaturelle qui leur fait perdre pied avec la réalité. Si celle-ci apparaît sous diverses formes et plonge celui qui regarde dans une tension et un malaise empreint de peur, le climat dans lequel évoluent les Emery à l’école, dans l’univers professionnel et leurs interactions sociales sont ce qui a le plus provoqué d’effroi. On ne sait plus ce qui est réel et ce qui découle de la folie qui semble s’emparer d’eux. La haine des personnages blancs pour les personnages noirs est si forte qu’ils ne sont jamais en sécurité.
Au fil des épisodes, ce n’est pas seulement le portrait d’une Amérique raciste que dépeint la série mais les effets de cette terreur sur la santé mentale. La recherche du bonheur que tentent d’atteindre les Emery nous y est présentée comme un travail acharné, chaque interaction finissant systématiquement par être l’occasion de montrer ce qu’est le racisme ou les diverses formes qu’il peut prendre, comme le taux d’un prêt immobilier excessivement élevé pour les personnes noires par exemple. Chaque scène contient sa dose de terreur, du simple jump scare à l’insoutenable, rythmé par une sélection musicale pointue et distinguée, suggérant l’ironique tragique à laquelle le spectateur est en train d’assister. S’ajoute à la torture psychologique de voir des gens souffrir continuellement, les nombreux allers et retour dans le passée présent et le futur des personnages. On ne sait jamais si les personnages sont enfin en sécurité, ce qui met dans un état de tension constante qui caractérise la terreur.
« Them » n’est pas une série pour les âmes sensibles et son ancrage dans un univers réaliste la rend encore plus difficile à regarder. Le racisme et la discrimination subis par Alfred Emery sur son lieu de travail ou sa fille Ruby à l’école sont par ailleurs très actuels. La série souligne la violence d’une époque qui n’est pas soi éloignée de la nôtre et de comportements qui sont encore actuels. Catégorisé série d’horreur par ses créateurs, « Them » semble vouloir puiser dans les peurs les plus enfouies des personnes racisées en mettant des personnes noires dans les situations violence sans aucun moyen de se défendre et dans un espace-temps dans lequel ils sont privés de l’aide de la justice.
Ai-je poursuivi le visionnage de « Them » pour avoir la preuve d’un racisme dont beaucoup nient l’existence au quotidien, parce que la photographie est parfaite et que chaque plan est un tableau, parce qu’on espère que ça va bien se terminer ? C’est peut-être tout ça à la fois.
On zappe ou on mate ?
C’est à voir si on a envie de comprendre ce qu’est le racisme systémique et qu’on aime les belles images quel que soit le contexte.
À éviter, si on a l’âme sensible ou qu’on pense immédiatement à l’exorciste ou à Halloween lorsque l’on pense à la catégorie horreur.

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